Pour ne jamais rater un shooting en studio.
Vous débutez la photographie en studio et vous souhaitez progresser rapidement ? Apprendre à dessiner et à lire des plans d’éclairage est une étape indispensable pour améliorer vos images. Dans ce guide, nous vous accompagnons pas à pas pour vous aider à devenir de véritables expert·es de la lumière !

A quoi ça sert ?
Imaginez : vous venez tout juste de finaliser votre moodboard pour un shooting de mode. L’inspiration est là, les idées affluent… mais votre éclairage reste encore assez flou. Confient.e, vous vous dites que tout se mettra en place le jour venu. Et le jour J, c’est la panique : la lumière ne ressemble en rien à ce que vous aviez imaginé. La pression monte, le timing est serré, et vous devez gérer simultanément les poses des modèles, les attentes de la production et des stylistes, les changements de tenues… Dans ces conditions, revoir entièrement votre set lumière devient particulièrement complexe.
Pour éviter une telle situation, il est indispensable de réaliser un schéma d’éclairage aussi précis que possible. Il vous permet d’abord de déterminer clairement la lumière que vous souhaitez obtenir et d’anticiper les difficultés éventuelles. Il constitue également un excellent support pour reproduire fidèlement un éclairage que vous auriez déjà expérimenté. Grâce à lui, vous pouvez aussi établir une liste de matériel réaliste et parfaitement adaptée à vos besoins. Enfin, ce travail préparatoire vous offre la possibilité d’aborder votre shooting dans des conditions optimales, avec une vision structurée et maîtrisée de votre set lumière.
Comment faire ?

Un schéma d’éclairage représente votre espace de prise de vue vu du dessus, généralement en 2D (même si certains logiciels permettent une vue 3D).
Les éléments à faire figurer sont :
- le modèle,
- l’appareil photo,
- le ou les fonds (cyclo, bi-fonds, sol apparent…)
- la ou les torches,
- les modeleurs et les gélatines présents sur les torches,
- les types de pieds (en particulier si la torche est fixée sur un bras de déport, sur une mega boom…)
- les réflecteurs, qu’ils soient tenus à la main ou installés sous forme de panneaux (V-flat…),
- les cadres de diffusion (avec le type de toile utilisée), drapeaux, floppy, kits mama...
- les murs ou tout élément inamovible présent dans la pièce.
À ce stade, votre schéma est correct, mais encore incomplet. Pour le rendre vraiment opérationnel, vous pouvez également ajouter :
- la couleur du fond,
- la hauteur et l’inclinaison de chaque torche,
- le type de torche utilisée, ou même sa référence exacte,
- le rôle de chacune (key light, back light, fill light…),
- les distances entre les torches et le modèle,
- la distance du modèle par rapport au fond,
- éventuellement la puissance des torches.
Avec un schéma aussi complet, vous vous facilitez considérablement la vie le jour du shooting !
Il convient néanmoins de prendre en compte un facteur déterminant pour votre éclairage : la position du modèle ! Selon qu’il ou elle se tienne debout, assis.e, allongé.e, de face, de profil ou de trois-quarts, le rendu final peut totalement changer. C’est pourquoi il est vivement recommandé de préparer une liste de poses compatibles avec votre set, ou d’ajuster la position et la puissance des torches lors d’un changement radical de pose.
Autre point essentiel : c’est en pratiquant qu’on apprend ! À la fin d’un shooting dont le rendu vous satisfait, ne démontez pas votre set immédiatement. Prenez le temps de réaliser quelques photos du plateau et de noter les distances et les puissances utilisées. Ces informations vous permettront à l’avenir de créer des schémas bien plus précis, que vous souhaitiez reproduire exactement le même éclairage ou vous en inspirer.

Les quatre principaux schémas à connaître pour le portrait
Quand on commence la photographie de portrait, chaque image au flash sur fond uni semble magique. On pense que peu importe où l’on place la torche, le résultat sera forcément réussi. Or, avec l’expérience, on découvre qu’il existe des placements efficaces, et d’autres moins adaptés selon le projet.
Pour débuter sereinement, il est utile de se familiariser avec quelques placements fondamentaux de la lumière principale (key light). Le set-up peut ensuite être enrichi par d’autres sources, et ces schémas s’adaptent tout aussi bien à une lumière douce, obtenue grâce à une grande boîte à lumière ou à un parapluie + diffuseur. Mais chaque chose en son temps !
L’éclairage butterfly ou paramount
Cet éclairage crée une ombre en forme de papillon sous le nez.
La torche est placée en face du visage du modèle, en hauteur, et est légèrement inclinée vers le sol. Si le modèle pose de face, il est conseillé d’utiliser un pied équipé d’un bras de déport afin de placer la torche juste au-dessus de l’appareil photo.

L’éclairage loop
Il s’obtient en positionnant la source lumineuse légèrement au-dessus du regard du sujet, en l’inclinant légèrement vers le sol et en la tournant d’environ 30º par rapport au modèle. Cette orientation crée une petite ombre en forme de boucle sous la partie gauche ou droite du nez.

L’éclairage rembrandt
Ce type d’éclairage vise à faire apparaître un triangle de lumière sur la joue du modèle opposée à la source. Pour y parvenir, placez la torche à 45° par rapport au visage, surélevez-la, inclinez-la légèrement, et laissez l’ombre du nez se fondre avec celle de la joue.

L’éclairage split
Comme son nom l’indique, l’éclairage Split partage le visage en deux moitiés : l’une éclairée, l’autre plongée dans l’ombre. Pour y parvenir, il suffit de placer la torche à 90° du visage.
Un écueil fréquent consiste à associer un schéma d’éclairage à un genre, un type de visage ou un âge particulier. En réalité, il n’existe pas de lumière “réservée” à une catégorie. Tout dépend du message que vous souhaitez transmettre et du type d’image à produire. Pour une campagne publicitaire mettant en avant une crème pour la peau, la lumière choisie ne sera sans doute pas la même que pour un édito de mode audacieux et décalé. La leçon à retenir : laissez libre cours à votre créativité tout en restant attentif.ve aux attentes du client !

On s’est quand même dit qu’un petit pense (pas) bête pourrait toujours vous être utile lors de vos sorties photo, n'hésitez pas à le télécharger !
Crédits photo : Pooja Roy, Jay Soundo, Teslariu Mihai, Jonathan Borba, Cody Lannom, Andrey Zvyagintsev
Cet article a été rédigé par l'un de nos experts photo.
